Billet d’humeur : Une carte postale qui me rappelle pourquoi nous sommes là

Derrière les chiffres, des enfants

En Belgique, 14,4 % des enfants vivent sous le seuil de pauvreté et 13,8 % des enfants sont privés d’au moins plusieurs éléments essentiels à leur développement, comme des loisirs, des vacances, des livres ou encore du matériel adapté à leur âge *. Derrière ces chiffres se cachent des milliers d’enfants qui grandissent plus vite qu’ils ne le devraient, parce que la vie ne leur laisse pas toujours le choix.

Chez Arc-en-Ciel, notre objectif est limpide : favoriser l’accès des enfants défavorisés aux loisirs ludiques et éducatifs. Beaucoup de personnes oublient ce que les loisirs, l’évasion, le rire ou les passions apportent réellement à un enfant. Au-delà d’être un droit reconnu par l’article 31 de la Convention internationale des droits de l’enfant, c’est une manière de grandir, de se construire, de découvrir une passion, une vocation, ou simplement de souffler un peu dans une vie qui ne leur fait pas toujours de cadeaux.

Deux équipes, un même objectif

L’équipe est un peu divisée en deux, même si nous travaillons tous vers le même objectif.
Il y a Letitia, qui organise des journées de loisirs et cinq séjours chaque année, offrant à des enfants une parenthèse enchantée le temps d’une semaine. Jonas, lui, accompagne des jeunes dans leur formation pour devenir animateur·rices breveté·es de centres de vacances. Christine, responsable de la sensibilisation, parcourt notamment les écoles et les salons pour parler des droits de l’enfant et de la précarité infantile. Et il y a une chose essentielle à rappeler : sans les volontaires, aucune de ces activités n’existerait.

Puis il y a l’équipe plus administrative. Thibaut, notre directeur. Coralie, responsable opérationnelle. Manuela, responsable du Fonds et de la comptabilité. Gaëtan, logisticien de nos dépôts, de nos récoltes et de nos travaux. Et enfin Sophie et moi, responsables communication.

Quand les enfants deviennent des chiffres

Notre quotidien est rythmé par les chiffres, souvent sans même nous en rendre compte : traiter des dizaines de mails, estimer les quantités de matériel nécessaires aux associations, suivre les statistiques des réseaux sociaux, publier au bon moment, gérer des budgets, préparer des colis, remplir des demandes de subsides… Bref, nous avons finalement assez peu de contacts directs avec les enfants que nous aidons.

Et je me suis rendue compte qu’à force d’avoir la tête dans le guidon, de passer d’un projet à l’autre, je ne les voyais presque plus. Je poursuivais des objectifs, des échéances, des tableaux Excel… alors que l’essentiel, c’était eux.

Là où Jonas accompagne une jeune qui donnera tout pour réussir son BACV, là où Letitia ramène un enfant de l’hôpital, la jambe cassée, mais qui souhaite malgré tout rester en séjour parce qu’il s’y sent tellement bien… nous, dans l’équipe administrative, nous manquons parfois de visages. Pourtant, notre travail est tout aussi indispensable. Mais il est parfois difficile d’affronter les difficultés grandissantes du secteur, les restrictions budgétaires ou les objectifs à atteindre lorsque tout finit par se résumer à des chiffres.

Et pourtant, derrière ces chiffres, il y a un impact immense.

Retrouver les visages derrière les chiffres

Chaque année, nos récoltes de matériel scolaire, de jouets et de vivres non périssables permettent à près de 400 associations d’économiser des milliers d’euros. Des économies qu’elles peuvent ensuite consacrer à ce qui compte tant pour les enfants : organiser un séjour, une sortie, une activité, une découverte. En réalité, notre matériel se transforme en souvenirs.

Puis est arrivée LA carte postale.

Celle envoyée par une association de service résidentiel qui nous remercie pour ce que nous faisons. Elle nous explique que, grâce aux économies réalisées tout au long de l’année grâce aux dons de matériel reçus d’Arc-en-Ciel, elle a pu enrichir son camp avec davantage « d’activités et de découvertes ».

La carte est signée de la main de plusieurs enfants. Le « M » maladroit de Samuel suffit à lui seul à me rappeler pourquoi notre travail est important. Pourquoi nous continuons malgré les difficultés gouvernementales, les restrictions budgétaires, un secteur jeunesse toujours plus fragilisé.

Pour eux. Pour ces petites signatures innocentes. Pour ces enfants qui, le temps d’un camp, remplissent leurs valises de souvenirs, de découvertes et de rêves.
Alors bravo à nous. Bravo aux volontaires qui donnent de leur temps. Bravo aux près de 400 associations qui se battent, elles aussi, chaque jour pour eux.
Et merci à cette petite carte postale de me rappeler pourquoi nous sommes là.

Écrit avec le cœur et pas l’IA

* Sources : UNICEF Belgique, « Report Card 20 – Unequal Chances » (2026) ; Statbel, Enquête EU-SILC 2024, « Focus sur les conditions de vie des enfants » (publication 2025).

PS : Et si ce texte vous donne envie d’aller un peu plus loin, il est toujours possible de nous aider à offrir des vacances, des sorties ou des loisirs à un enfant qui en a besoin 💙
Vous pouvez faire un don sur le compte BE41 6300 1180 0010, avec la communication « Loisirs 2026 + votre n° national », ou directement via notre site.

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